La photographie suédoise, dans ses grandes lignes, a connu la même évolution que dans les autres pays. La daguerréotypie, invention d'origine française, a été adoptée immédiatement et dès l'année suivante, en 1840, plusieurs photographes exposaient leurs premières images à Stockholm. Par la suite, des procédés nouveaux ont fait leur apparition par l'entremise de photographes français, allemands et danois. La fin du XIXe siècle a été marquée par un engouement pour le portrait photographique - chaque localité avait alors son studio.

L'éveil du courant nationaliste de la fin du siècle a conduit à la création du Touring-Club de Suède, STF. Sous le mot d'ordre "Découvrez votre pays", STF encourageait les photographes locaux à documenter par l'image les gens, la nature et la culture de leur région. Ainsi, les années 1890 ont été un âge d'or de la photographie, dominé par des documentaristes comme Peter Lundh en Scanie, Johan Thorin en Östergötland, Sam Lindskog en Närke et Borg Mesch dans l'extrême nord du pays, alors région de pionniers, avec sa population same et ses nouvelles mines de fer.

Entre-temps, la technique avait atteint une telle perfection que les photographes d'art se rebellent en cultivant le flou et les effets spéciaux manuels inspirés de la peinture ou de l'art graphique. En Suède, Henry Goodwin a été un brillant représentant du mouvement international connu sous le nom de pictorialisme.

Dans les années 1920, la nouvelle objectivité et le modernisme ont eu leurs adeptes, mais l'isolement de la décennie suivante et du temps de guerre a entraîné un retour à la nature et une photographie douce et idyllique. L'inspirateur était C G Rosenberg, un photographe qui a travaillé plus de trente ans pour STF. Mais sa représentation de la nature, de la culture, de l'architecture et de l'industrie a aussi une force et une beauté austère qui, dans une optique internationale, le placent parmi les plus grands.

Gunnar Lund, photographe de reportage qui opérait avec son Leica dès 1927, a été parmi les premiers photoreporters modernes du monde, et le précurseur de photojournalistes tels que K W Gullers et Lennart Nilsson qui ont fait leur percée dans les années 1940.

L'après-guerre a vu l'essor d'une jeune génération de photographes qui partent à la découverte d'une Europe qui vient de s'ouvrir. Parmi les plus marquants figuraient Hans Hammarskiöld, Rune Hassner et Georg Oddner, qui n'ont pas tardé à combler notre retard dans le domaine de la photo de mode et de reportage.

Personnalité hors normes, Christer Strömholm a marqué par ses images fortes et son École de photographie un bon millier de jeunes photographes, dont beaucoup ont choisi de braquer leur objectif sur les lieux de travail et la misère sociale en Suède et ailleurs.

Anders Petersen reste le représentant majeur de cette tradition ; Gunnar Smoliansky, pour sa part, recherche une approche plus méditative, et Dawid repousse les frontières pour tendre à une photographie presque non-figurative.

L'intérêt pour la nature, l'engagement social et la création personnelle sont trois constantes qui courent tout au long de l'histoire de la photographie suédoise.